[SANS TITRE]

Livre de 30 pages, anépigraphe, mai 1995, 33 centimètres sur 26 centimètres, imprimé sur Velin BFK Rives gris 270 grammes, couvrure en tissu de couleur grise, étui. Texte de Martin Ziegler.

_Pourquoi ici où les fenêtres sont nos interlocuteurs ? Vision du questionneur à contre-jour, dos au monde, dos au mur à défaut d’un monde enclin à voir. À la représenter devant une fenêtre on dirait une serrure. Dehors à un bon tiers obturé donc comme s’il était lui-même la clef de la fenêtre. (À l’image de la réponse qui lui appartient et qui ne lui permet rien de plus que de poser la question sur le hic.) Fait cependant de faible importance, puisque de toute façon on ne voit de la fenêtre que ce qui s’en écrit et peut-être moins
encore vu l’obscurité. De même que l’on ne voit le jour que de ce qui est dit. Jour éclairant à grand peine les deux dormants. Et aucunement les murs trop éloignés pour en être touchés. Contourné, observé en profil perdu sans plus de contre-jour, l’obstacle qu’il représente indique seulement le jour qui décline, si bien que l’on aimerait glisser une petite pierre entre la ligne liquide de l’horizon et la roue du soleil. S’il se pouvait et s’il y avait soleil et horizon. Mais il n’est rien en dehors de l’œil, visiblement ouvert - imité par la bouche, elle aussi ouverte, entr’ouverte, les lèvres plus que jamais inexistantes - qui fouille cet espace vide. Ou guettant l’imprévisible apparition dans l’angle supérieur de cette feuille farouche au bout de sa branche lancéolée, plus grise que verte, et raide. Jusqu’à la nuit sans pouvoir avancer ni reculer. _ Martin Ziegler

[Texte imprimé dans ce livre. Chaque ligne du texte est imprimée en bas de page.]