ÉCRITEAU (7).

1 pièce encadrée plus 1 notice encadrée, juillet 2003, 60 centimètres sur 80 centimètres, imprimé sur Papier A.I.D noir 320 grammes.

La perception ne décide de rien, la croyance de tout. Sur le fond noir la vitre forme miroir, l'on s'y voit essayant de lire, c'est sa propre image qui figure là où il y a écrit qu'il n'y en a pas.

Il y a aussi de l'habile maître, entre autres belles choses existant à Bruges, et qui pourraient m'être inconnues, un tableau d'autel que l'on envisage comme étant du nombre des meilleures choses qu'il ait produites. Il est dans l'église Saint Jacques où il orne un autel ; c'est un Crucifiement avec les bourreaux, Marie et d'autres figures,toutes si pleines de vie et si consciencieusement exécutées, que l'œuvre est faite non seulement pour charmer la foule, mais encore les juges les plus compétents. A cause même de son mérite, ce tableau fut épargné lors de la brutale dévastation des édifices du culte ; mais l'église ayant plus tard servi au prêche des protestants, on prit cette œuvre d'art pour y inscrire, en lettres d'or, sur un fond noir, le Décalogue, et cela sur les conseils et par le fait d'un peintre ! Je tais son nom, ne voulant pas qu'il puisse être dit qu'un représentant de notre art a pu contribuer à l'anéantissement d'une telle œuvre, un outrage que la Peinture n'a pu contempler qu'en versant des larmes. Heureusement que l'ancien fond était extrêmement dur et que les lettres d'or et la couche de noir qu'on y appliqua formèrent une masse épaisse de couleur à l'huile. Elle s'écailla par endroits et le tout put s'enlever. Cela fait que l'œuvre est encore intacte. Karel Van Mander, Le livre des peintres, Les belles lettres, 2001. Propos sur Hugues Van Der Goes (1435/1445, 1482)

(Ce retable aujourd'hui perdu, existait encore au XVIIIe siècle.)

Docteur Youssef Asfi, peintre. À 41 ans, ce médecin vit avec sa femme et ses enfants au Mikro Rayon, quartier d'immeubles modernes, bâti par les Soviétiques dans les années 1980. Peintre amateur, il s'est fait embaucher par les Talibans à la Galerie nationale de peinture de Kaboul, comme restaurateur. Sous couvert de cette fonction, il a barbouillé, avec de la peinture à l'eau, plus de 200 tableaux, en recouvrant les scènes qui représentaient des personnages par des paysages et des images de fleurs. Il a ainsi sauvé de la destruction les meilleurs tableaux du patrimoine culturel afghan. Ahmet Sel, Gens de Kaboul, le Monde daté du vendredi 6 septembre 2002.

Comme ma peinture ne sera pas à la mode avant bien des années je vais recouvrir mes tableaux d'une couche de gouache blanche pour qu'ils se conservent mieux. Gaston Chaissac, Lettres à Jacques Kober, l'Échoppe.(Lettre du 25 janvier 1946)

18 exemplaires numérotés, signés.